Menu

Un Périgourdin participe à l’élaboration d’une moto Samu

Les deux motos prototypes du Samu et des pompiers lors de la 20e étape du Tour de France 2014, entre Bergerac et Périgueux. ARNAUD DELMAS-MARSALET

Depuis quatre ans, Arnaud Delmas-Marsalet, du garage Moto Passion, aide à concevoir une moto médicalisée pour les urgences, qui attend toujours le feu vert des autorités.
Encore quelques mois d’expérimentation à l’hôpital Lariboisière, à Paris, et ce sera l’homologation par les autorités ? C’est ce qu’espèrent les concepteurs de la moto médicalisée d’urgence, Raymond Loizeaux, motard aguerri avec 23 Paris-Dakar au compteur et ancien policier, et le médecin urgentiste Ali Afdjei. Arnaud Delmas-Marsalet, patron du garage boulazacois Moto Passion, croise les doigts lui aussi. En mettant à disposition et en adaptant une BMW 1 200 GS, il fait partie intégrante de ce projet de moto ambulance.

Première en France

« Raymond Loizeaux est un vieil ami. Nous avons beaucoup voyagé ensemble », confie le concessionnaire moto. Le premier test in situ et in vivo s’est naturellement déroulé à Périgueux, sur une semaine, en octobre 2013. Une première en France.
Ces quelques sorties ont suffi à convaincre le docteur Michel Gautron, chef du département de médecine d’urgence de l’hôpital de Périgueux, de la pertinence du deux-roues motorisé médicalisé.

S’extraire de la circulation

« La moto permet de s’extraire de la circulation et donc d’intervenir plus rapidement. Quand la détresse vitale d’un patient est engagée, chaque minute gagnée est précieuse. Les détresses cardiaques, c’est notre quotidien en Périgord », avait expliqué le chef des urgences à la fin du test. Une appréciation positive qu’il avait fait remonter, en bonne et due forme, à l’Agence régionale de santé (ARS).
« Prise en charge optimale des patients », « réduction évidente des délais d’intervention lors des périodes denses de trafic ». Alors préfet de la Dordogne, Jacques Billant, qui avait autorisé l’expérimentation, n’avait pas hésité à dire, lui aussi, tout le bien qu’il pensait de la moto au ministère de la Santé.
Ambulance du Samu, véhicule de secours et d’assistance aux victimes des pompiers, hélicoptère de la gendarme ou de la Sécurité civile… Pourquoi pas une moto jaune fluo pour porter secours ? Le concept paraît tellement aller de soi qu’on se demande pourquoi cela n’existe pas déjà.

« En gros, cette moto, c’est un Samu sur deux roues, explique le docteur Ali Afdjei à chaque fois qu’il est interrogé sur le sujet. Les policiers et les livreurs de pizza utilisent bien les motos parce que ça va plus vite ! »

« Bouteille d’oxygène, défibrilateur cardiaque, aspirateur à mucosités, ampoulier, scope qui permet de surveiller tous les paramètres vitaux… Nos motos contiennent tout le matériel d’une ambulance du Smur, mais en miniature », confirme Arnaud Delmas-Marsalet. Quand on voit la complexité des branchements électriques situés sous la selle, on comprend que l’aménagement de la moto n’a pas dû être simple.
« C’est plein de spécificités à intégrer (feux de pénétration bleus, sirènes, etc.) et de normes à respecter. Il a fallu doter la moto d’un GPS le plus rapide et intuitif possible et d’un système de géolocalisation », détaille le concessionnaire de Boulazac.
Cinq ans après la création de la société Emergency City Bike (ECB) et trois ans après les tests périgourdins, la BMW ainsi qu’une Honda enchaînent, depuis mars, les sorties en urgence dans les rues de Paris. Histoire de démontrer, statistiquement en suivant un protocole scientifique, l’efficacité du concept.

Pas d’investisseurs

« Au début, la moto n’avait pas forcément une très bonne image auprès des urgentistes. Ils ramassaient trop de motards passés sous des voitures, explique Raymond Loiseaux. Mais les cinq urgentistes de Lariboisière se sont rendu compte qu’ils sont en sécurité et installés confortablement. Nos pilotes doivent être aguerris. Nous venons de signer une convention avec le Centre national de formation à la sécurité routière de la gendarmerie. »
À quand l’homologation ? Très bientôt espère Raymond Loiseaux. « Ce qui révolte le plus dans cette histoire, c’est que tout le monde trouve le projet formidable mais on trouve personne pour nous aider financièrement à le développer. »


Article publié par Sud-Ouest France :
www.sudouest.fr/2016/12/26/vite-une-vie-est-en-jeu-3056821-4632.php

Partager cet article

Articles similaires

  TOP